Extrait du livre d’Eva Pierrakos « Le chemin de la transformation » (p150,151 et 152).
Quels sont les vrais besoins et quels sont les faux ?
En premier lieu, ce qui est vrai à une période de la vie de quelqu’un pourra cesser de l’être plus tard. Un vrai besoin pour un enfant ne l’est plus du tout pour un adulte. Quand une personne qui se développe nie l’existence du chagrin posé par un vrai besoin non satisfait, ce dernier ne disparaîtra pas. Au contraire, le déni de ce chagrin perpétue le besoin et le transfère à une période ultérieure et sur d’autre gens, si bien qu’il devient un faux besoin. Prenez l’exemple spécifique d’un enfant dont le seul besoin est de recevoir des soins, de l’attention, de l’affection et de la reconnaissance pour l’individualité unique qu’il représente. Si ces besoins ne sont pas satisfaits, l’enfant souffrira. Si ces souffrances sont acceptées et qu’on y trouve des solutions au niveau conscient, la personne résorbera ses handicaps malgré certains mythes fort répandus. La véritable cause de cs handicaps, c’est la croyance que cette douleur ne peut être éliminée qu’au moment où tout les manques de la personne sont palliés, même des années plus tard. C’est évidemment impossible à réaliser, car même si un adulte pouvait finir par retrouver des parents de substitution, idéaux et parfaits selon les critères de l’enfant frustré, toutes ces attentes, venant de l’extérieur, ne pourraient jamais combler les véritables besoins d’un adulte.
Vous ne pourrez satisfaire ces besoins qui sont à l’origine de tant de souffrance que si, adulte, vous vous mettez à chercher en vous tout ce que vous cherchez encore à l’extérieur. Cette démarche doit commencer par la prise de responsabilité pour ses actes. Si vous restez enlisé parce que vous rendez responsables vos parents, la vie, vous vous privez de votre centre vital, source de toute perfection. Vous ne pourrez trouver la sécurité, cette sécurité que vous cherchiez auparavant dans ce que vous donnaient les autres, que si vous essayez de changer votre propre attitude et de découvrir que votre souffrance résulte de votre attitude en ce moment. L’anxiété disparaîtra exactement dans la mesure où vous chercherez en vous la cause de vos souffrances actuelles. Et cette souffrance provient du déni de la douleur originelle et des façons de penser et de sentir négatives et destructives qui en résultent.
Quand les gens se mettent à assumer véritablement la responsabilité de leur actes, il cesse aussi -petit à petit- d’attendre que les sentiments réconfortants viennent de l’extérieur. Ils dépendront moins de l’amour et de l’encouragement des autres, car ils seront en mesure de se tenir eux même en estime, ce qu’ils étaient incapables de faire tant qu’ils restaient des enfants exigeants et rancuniers. Voilà encore une étape qui rapproche du véritable moi et qui, par suite, augmente l’aptitude à devenir une source abondante de sentiments positifs et chaleureux et renforce le désir de les partager plutôt que de les garder pour soi par méchanceté. La capacité à éprouver un plaisir provenant de l’intérieur du corps et de l’âme, pour ensuite l’offrir aux autres, devient une véritable alternative à l’âpre insistance à recevoir. Le développement de ces aptitudes comblera le vide crée par les besoins non satisfait de l’enfant.
Comment dissoudre le chagrin causé par les besoins légitimes non satisfaits.
Moins ont ressens le chagrin causé par les besoins légitimes non satisfaits, plus les faux besoins habiteront la personnalité, qui exigera forcement beaucoup des autres. Quand ces exigences ne sont pas satisfaites, les rancœurs – et souvent le venin des accusations qu’on porte contre la vie ou les autres – augmente l’impression de carence affective, de sorte qu’un cercle vicieux continu semble enfermer la personne dans un état de désespoir. Il n’est pas difficile de rationaliser une situation et de lancer de violentes accusations. On peut toujours trouver des raisons réelles où imaginaires, exagérées ou déformées, pour se décharger du poids de la responsabilité sur les autres. Puisque tout ce processus est subtil et caché, il faut petre très attentif et très honnête avec soi-même quand on s’observe pour le voir à l’œuvre. Vous ne pourrez compendre les rapports que j’établis ici qu’au moment où vous serez capable de reconnaître l’irrationalité de vos exigences et de voir la façon dont vous voulez administrer des punitions à ceux que vous condamnez.
Quels sont les vrais besoins d’un adulte ? Ce sont l’expression de soi, la croissance, l’évolution, la jouissance de ses potentialités spirituelles et tout ce qui en découle. Cela signifie le bonheur, la plénitude, l’amour, de bonnes relations et une contribution significative au plan grandiose où chacun à son rôle à jouer. Quand la croissance a atteint un certain degré, on recommence à percevoir et à ressentir intérieurement cette tâche jusqu’à ce qu’elle devienne une réalité. Sentir a croissance intérieure est une vrai besoin ; son absence entraîne l’insatisfaction. Vous devez alors vous efforcer de chercher les obstacles présents dans votre âme et les surmonter. Ces derniers sont toujours, d’une façon où d’une autre, liés à la perpétuation de besoins qui firent réels à un moment donné, mais qui sont maintenant devenus de faux besoins.
Surmonter la résistance à mettre au jour les faux besoins.
La perpétuation de faux besoin crée tout un ensemble de conditions destructives dans l’âme d’une personne. Puisque ces besoins ne pourront jamais être satisfaits, une impression permanente de vide et de frustration détruit l’espoir, noircit la vision et provoque le ressentiment et la haine, les reproches et souvent la rancune. On recourt alors à l’autopunition et à une résistance passive et venimeuse pour punir ceux qui semble être à l’origine de l’état négatif. Plus ces caractéristiques intérieures sont marquées, plus le sentiment e culpabilité et de fuite seront grands, et il devient ainsi impossible de s’attaquer à la racine du problème, de changer sa perception et ses priorités. Tout ce mécanisme ne peut être inversé que si la résistance à reconnaître ses faux besoins et vigoureusement surmontée.
Avec les vrais besoins, on n’exige jamais des autres qu’ils cèdent et se soumettent. Cela ne paraît nécessaire que pour me petit ego. Le véritable besoin d’amour, de camaraderie et de partage ne peut être satisfait que si l’âme est prête à donner et à recevoir, ce qu’il ne faut jamais confondre avec le besoin névrotique d’être aimé. mais la confusion entre les deux besoins est assez fréquente. Tant que vous croyez être disposé à aimer, mais que le sort vous est défavorable et vous prive de la personne qui vous aime et que vous pouvez aimer, vous essayez encore, et avec beaucoup d’ardeur, de satisfaire vos besoins d’enfant grâce à un parent de substitution. Une fois que vous serez vraiment prêt à renoncer à vos chimères, à commencer à vivre au présent et à regarder en vous, le véritable amour viendra à vous et votre besoin actuel sera satisfait.
Les besoins légitimes ne peuvent être satisfaits que dans la mesure où vous revivez vos sentiments originels et les éléments résiduels du passé. Cela signifie que vous devez découvrir et abandonner les faux besoins résultant du déni de chagrin causé par l’insatisfaction originelle. Laissez-vous régressez dans l’enfance et permettez à l’enfant irrationnel en vous de s’exprimer.
Si vous prêtez l’oreille à ce côté irrationnel vous découvrirez qu’il se manifeste invariablement ainsi : »J’ai besoin qu’on m’aime et qu’on m’approuve en toutes circonstances, sinon c’est la catastrophe. » Le moi finit par s’en persuader et utilise cette idée comme un moyen de forcer les autres à céder ; alors, la non-satisfaction de ces exigences insatiables d’acceptation inconditionnelle et totale, malgré son entêtement et son orgueil, apparaîtra vraiment comme une situation catastrophique. Même si de nombreux aspect de votre être sont murs à mains égards, cherchez en vous ces réactions cachées à chaque fois que vous éprouvez un fort sentiment de malaise où d’anxiété.
Le simple fait d’examiner clairement tout cela vous mettra dans l’impossibilité de croire à la catastrophe à ce point. Il est donc nécessaire de découvrir le concept -où plutôt la méprise – qui sous tend votre forte réaction à une insatisfaction, à une blessure, aux critiques où à la frustration. Il est alors possible de reconnaître le faux besoin et la véhémence avec laquelle il est entretenu, perpétué et justifié. Les faux besoins sont des exigences vis-à-vis des autres et ne pourront jamais être assouvis.
Souvent, la méprise dualiste qui consiste à croire que soit vous vous suffisez à vous même (et donc devez rester absolument seul), soit vous vivez une relation épanouissante et dépendez totalement de l’autre, vous empêche même d’assumer la responsabilité de vos actes. Cette attitude semble devoir exiger le renoncement à tout espoir d’avoir une relation sentimentale. Rien n’est plus faux. L’épanouissement ne deviendra une véritable réalité que si vous ramenez vos sentiments à vous même, exploitez vos ressources intérieures et faites couler la source de vos sentiments de chaleur et d’amour. Inversement, dans la mesure, où vous vous accrochez à l’autre en insistant pour qu’il satisfasse vos exigences, dans cette même mesure, vous devrez rester seul et vos besoins présents resteront insatisfaits, perpétuant ainsi les vieilles blessures de votre enfance. Votre état actuel peut ainsi servir de point de repère : il sera plus fiable que tout autre critère.
Quand le moi spirituel qui se débarrasse de ses illusions exprime le véritable besoin d’écarter tout obstacles qui le privent de l’épanouissement, de la conscience et de l’intimité avec les autres, une force merveilleuse s’éveille. C’est le but le plus important, d’où tout découle. Nous ne répondrons jamais à cet appel en jetant la première pierre. Même si vous ne vous sentez pas encore la force de vous engager totalement, comme cela est nécessaire, vous pouvez demander de l’aide pour y arriver. Elle viendra.
Vouloir satisfaire ses faux besoins et la cause de la souffrance actuelle
A mesure que vous découvrirez comment vous occultez maintenant le chagrin issu d’un lointain passé oublié, qui continue cependant à vous tourmenter, vous constaterez aussi à quel point vous persistez à accuser les autres. Même si vos parents ont terriblement failli à leur tâche (car eux aussi sont des êtres humains faillibles) , ils ne peuvent pas être tenus pour responsables de vos souffrances actuelles, pas plus que ne peuvent l’être ceux sur qui vous comptez pour pouvoir panser toutes les blessures que vous avez reçues. votre souffrance actuelle et le résultat de cette erreur : Vous cherchez à tout prix à satisfaire vos faux besoins. Ce mécanisme semble très subtil au premier abord mais, quand vous aurez affiné votre sens de l’observation, il vous sautera aux yeux. Tant que vous choisissez de l’ignorer, vous passerez peut-être maître dans l’art d’expliquer rationnellement votre situation, mais sans résultats positifs, bien au contraire.
En effet vous réussirez peut-être à tromper les autres, où même votre moi conscient extérieur quant à la légitimité de vos arguments et de votre cas. Mais vous ne pourrez jamais tromper ni votre véritable moi intérieur ni la vie dont les règles sont les mêmes pour tous : impartiales et justes. la vie attend jusqu’à ce que vous trouviez la vérité, c’est-à-dire le moment où vos besoins légitimes non reconnus quand vous étiez enfant créèrent la peur et le chagrin que vous ne vouliez ni ne pouviez accepter de ressentir totalement. Il fat que cette coupe se vide. Votre attitude de refus entraîna la création de faux besoins dont la nature et le sens devinrent également cachés. Quand ces réactions en chaîne seront mises au jour, vous pourrez en venir à bout.
Chercher à satisfaire ses faux besoins engendre des souffrances intolérables faites de tensions, de repli sur soi, d’amertume, le tout dans un climat de désespoir. Cette situation est très différente de la douleur véritable d’une insatisfaction, d’une blessure ou d’une carence affective. Si ces difficultés ne deviennent pas des besoins irréels, la douleur peut-être dissoute et retransformée en courant d’énergie vitale, retrouvant ainsi sa nature originelle. Les douleurs malignes résultent du combat contre ce qui est ; les douleurs bénignes résultent de l’acceptation.
Renoncer à vouloir satisfaire ses besoins irréels
Quand vous renoncez à vos exigences insatiables et à vos besoins irréels un par un, vous vous apercevez qu’ils sont bel et bien illusoires. Voici un exemple : vous pensiez au départ que vous ne pouviez vivre sans l’approbation des autres, sans leur amour et leur acceptation inconditionnelles, sans leur admiration dénuée de critiques, etc. Si vous envisagez la possibilité de vous épanouir, de vivre dans le contentement, le bonheur et la plénitude sans que ces exigences soient satisfaites (une idée toute nouvelle au départ), vous serez surpris de découvrir que c’est tout à fait à votre portée. De nouvelles voies s’ouvriront devant vous, de nouvelles possibilités que vous n’auriez pas pu soupçonner auparavant, tant vos idées sur la façon dont les évènements devaient se dérouler étaient limitées et rigides.
Quel que soit le domaine de votre vie, la présence d’obstacles, d’insatisfactions ou de murailles inébranlables indique l’existence d’un besoin irréel qu’il faut découvrir. Il faut surprendre cette voix intérieure qui dit avec insistance : « C’est comme ça que ça doit se passer, et pas autrement. Il faut que la vie me donne cela, c’est absolument impératif ». Quand vous y parviendrez et que vous reconnaîtrez son caractère illusoire, quelque chose se débloquera instantanément. Le fait même de remettre en question la validité de ces besoins irréels, que vous aviez trouvés normaux et justifiés jusqu’à ce jour, libérera des forces créatrices. Des profondeurs de votre être, du centre de votre plexus solaire, la voix de la sagesse vous guidera.
Les énergies qui se libèrent, si on suit le processus décrit ici, ne sont pas seulement des énergies physiques qui apportent le bien-être, l’aisance et la joie ; elles se manifestent aussi sous forme de vérité et de sagesse : c’est la voix de votre moi spirituel le plus intime.
Quand vous explorerez les profondeurs de vos sentiments les plus secrets, mes mais, vous ne risquerez plus de sombrer dans des douleurs intolérables. Car quelles que soient les difficultés rencontrées pendant votre enfance, le nombre de vos expériences négatives et la cruauté éventuelle de vos parents, ce n’est pas là que réside la véritable douleur. La cause, c’est votre persistance à rester accrochés à des besoins qui sont maintenant de faux besoins, à exiger que les circonstances soient différentes et que la vie vous accorde maintenant toutes les compensations et vous donne tout gratuitement, vous laissant le bénéficiaire mais en vous privant, de ce fait, du magnifique jeu de la vie. C’est que qui vous blesse et vous meurtrit maintenant. De toute façon, vous devez commencer par vous même. Si vous vous y prenez de cette façon, vous deviendrez capables de donner autant de profondeur et de réalité aux sentiments positifs qu’aux sentiments négatifs et douloureux.
****Puissiez-vous tous trouver dans la conférence de ce soir un élément qui vous éclaire et vous aide un peu plus dans votre travail. Qu’elle vous donne un peu plus de courage, de force, d’espoir et de dignité intérieure, afin de vous libérer de votre propre esclavage et d’aller vers l’unité intérieure plutôt que vers la division. Allez en paix, mes très chers amis, sur ce chemin glorieux de la réalisation de soi et de la liberté.
Soyez bénis, que Dieu soit avec vous.****