30 avr 2010
Ici et maintenant
Carpe Diem, Hic et Nunc, le moment présent, ici et maintenant !!! Combien de formules tournant sur ce même axe qu’est la Liberté, la Paix vécue, ressentie et appréciée dans un Présent éternel et en perpétuel mouvement ?
Il est vrai que si notre intellect se pose sur une phrase telle que : « …un présent éternel et en perpétuel mouvement », ce dernier risque d’en perdre son Latin !!! Mais peut-on vraiment lui en tenir rigueur ?
Non, bien sûr, il a trop longtemps été garant de notre équilibre dans cet univers ou la réalité se mêle au temps linéaire (passé, présent, futur), qui pourrait pour cela jeter la première pierre au mental !!!
Il est même, soyons un brin honnête, notre plus fidèle serviteur et ami dans cet univers tridimensionnel où nous évoluons. Mais alors, pourquoi en sommes nous aujourd’hui asservi, de ce fidèle serviteur ?! Cela nous place dans une position où apparemment nous serions son maître ?!
Et puis d’abord, par quel subterfuge le passé et le futur n’existeraient pas tout en existant simultanément au présent ?! Ce présent éternel ou l’on a caché notre Lumière ?! C’est quoi ce micmac, c’est quoi cette histoire que tout est sous nos yeux, ces questions de mauvaise direction et de retournement ?!
Veut-on me rendre fou ??!!
Oui, oui, vous pouvez me répondre que le meilleur moyen de dissimuler une chose et de la mettre sous nos yeux, certes… Mais bon, j’ai beau réfléchir, regarder en écarquillant mes yeux avec deux grosses loupes, je ne vois rien !!!
Ressentez plutôt que pensez, certains clament haut et fort. La bonne affaire !!! Posez vos questions à vos cœurs et non à vos têtes. La bonne blague !!! Vous ne trouverez dans aucun livre la Vérité, puisqu’il en existe autant qu’il y a d’individus. La belle histoire !!!
Je suis las, las d’osciller entre peine et joie. Entre certitude et doute. Entre rêve et réalité. Entre questions sans réponse et réponses sans question. C’est fini, j’en ai marre !!! Comme je ne suis pas enclin au suicide, j’aime bien trop la vie, même si elle ne m’apporte que bien trop de souffrance, je vais devoir vivre. Je suis las d’accuser Pierre, Paul et Jacques de mes maux, ils ne détiennent pas de caducée ; de varier les définitions de mes mots, ils ne détiennent pas de délivrance. Alors, mon cœur, je t’en conjure, mon essence je t’implore, quel que soit ton nom, montre moi donc ce chemin qui me mène à toi, chuchotes moi la formule à prononcer, que je puisse me découvrir tel que tu es !!??
Notre ami subitement se mit à fondre en larme, se sentant aussi triste et perdu qu’un enfant qui se retrouve seul au milieu de la foule d’une galerie commerçante en période de soldes, se rendant compte qu’il vient de « perdre » ses parents, isolé, sans aucun repère, immobile face à l’incessante farandole des étrangers, de ces inconnus qui fourmillent, déambulent et vocifèrent autour de lui.
Et voilà qu’en même temps que le flot de ses larmes, il ressent une chaleur à la fois diffuse et dense, s’émaner de son être. Il s’en retrouve « scotché » à son fauteuil, tout son corps vibre à l’unisson. Perplexe, les joues humides, notre ami retire ses mains de son visage, et aperçoit, une légère fumée violette et or, s’échapper du centre de sa poitrine, pour former à moins de deux mètres de lui, une sorte de nuage, fourmillant de lumière. Ce dernier, au fur et à mesure qu’il émanait du cœur de notre pauvre bougre un brin déconcerté, grandit, se modela, et prit, en même temps que la fumée cessa de « sortir », une forme humaine !!!!
Les contours de cet « être » se dessinaient, lentement, il faisait au moins deux mètres de haut, une lumière écarlate en jaillissait sans pour autant aveugler notre ami, spectateur ahuri et interloqué de ce « show » Divin. Et quelle ne fut pas sa surprise, quand il constata, à la limite de l’infarctus, que le visage de cet Être était le sien !!! Ses yeux en tombèrent par terre et roulèrent sur le tapis de stupéfaction, et dans ce ton particulier à la poésie humaine, marquant la surprise s’esclaffa : « Mais putain de merde !!! C’est quoi ce délire !!! ».
En guise de réponse, sa « version » lumineuse en éclata de rire, un rire si profond et pur, qu’il eut l’impression que toute sa maison, tout son immeuble, voir tout l’Univers rigolait en même temps que Lui !!!
L’Ange (appelons le l’Ange pour faciliter la lecture sans accorder d’importance à sa définition), non sans difficulté, cessa ses rires et rétorqua : « Et bien en voilà un accueil, pourquoi donc m’appeler si c’est pour en faire dans ton froc !! »
Et voilà que tout se remet à rire, même notre brave ami !!!
Pas vraiment remis de ses émotions, mais l’effroi en moins, notre pauvre bougre, sentit qu’il ne valait mieux pas pour lui qu’il tente de s’expliquer quand à la véracité, ou encore la valeur du phénomène. Il pressentit au fond de lui, qu’il n’avait qu’à juste jouer le jeu. Il prit une bonne bouffée d’oxygène et se lança :
- Mais qui es tu ?
- Bah je suis toi, je ne pense pas ressembler au voisin !!
- Mais comment est ce possible que j’aie un autre moi, tu ne me semble pas réel mais en même temps il ne m’est pas possible de douter de ton existence. Tu es comme une image holographique vivante, et cette sensation qui m’envahit en ta présence. C’est étrange un peu comme lorsque l’on tombe amoureux de quelqu’un, cette liesse profonde à la fois euphorique et légère. Ce regard que l’on pose sur les choses, les gens, le temps que cela nous parcourt, on voit la vie en rose, comme le dit une de nos expressions. Ce moment où tout tracas nous semble dérisoire et inexistant, ou la seule pensée vers la personne qui a éveillé cela en notre cœur, nous transporte sur un petit nuage. A l’exception que nul autre que moi n’est l’objet de cet amour, j’en suis la nature et la cause.
- Je ne suis pas un autre toi, je te l’ai dis, je suis toi. Et ce sentiment que tu tentes de décrire s’appelle bien l’Amour, celui que tu as pour toi.
- Je n’arrive pas à saisir mais ok, je suis toi. Mais n’est ce pas égoïste et tordu de s’aimer soi même, ne se coupe t’on pas des autres ainsi, en étant incapable de les aimer ?
- Comme tu es mignon !!! Pour me rabaisser à l’intellect humain, je dirais que l’Amour c’est Dieu tout Puissant, en t’aimant c’est l’Unique que tu aimes et que tu ressens en toi. Dès lors c’est l’Univers infini que tu aimes, et Il te le rend à chaque seconde. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut habiller de vos mots.
- Mais pourquoi m’apparais-tu seulement aujourd’hui, ce n’est pas la première fois que je t’appelle ?!
- C’est la première fois que tu le fais avec ton cœur et non avec ta tête.
- Je ne comprends pas j’ai pourtant tant de fois sincèrement désirer t’entendre, et tu ne m’apparais qu’aujourd’hui !!
-C’est parce que tu ne comprends pas que tu peux me voir, et je t’ai souvent répondu, mais tu étais sourd de ta raison et de tes certitudes.
- Bien, alors dis moi comment dois je faire pour que je ne sois plus sous le joug de mon intellect, encore moins cerf de mon égo, vassal de mon âme ?!
- Simplement comme tu l’as fait pour m’appeler il y a un instant.
- Comment, il faut que je pique ma crise à chaque fois, dois je souffrir pour te parler ?
- Arrête de dire des conneries ou je vais encore pouffer de rire, malheureux !!! C’est quand tu cesses la souffrance que tu peux le faire, derrière tes larmes c’est la raison que tu à lâché pour ouvrir ton cœur. Aucune de tes réponses n’a pu satisfaire tes questions, et tu t’es tourné en ton sein, loin des contrées de la logique humaine. C’est là que je me trouve, c’est là que tu es.
Notre ami cessa un instant ses questions, en sentant son corps vibrer, en laissant doucement s’émaner cette énergie dans tout son être, sous le regard bienveillant et rassurant de lui-même !!! Il n’avait plus à penser pour savoir, mais à ressentir pour s’avoir. Il resta ainsi de longues minutes, sans bouger, comme si un seul de ces gestes aussi imperceptibles qu’il soit, pouvait stopper la magie de cet instant. Il voyait à sa gauche son passé défiler en boucle, et à sa droite son futur, toutes les probabilités de son devenir. Tout cela défilait frénétiquement, dans une sorte de danse chaotique. Il comprit alors toutes les fois ou il dirigeait ses pensées dans son passé, il le faisait vivre et l’entretenait, il le nourrissait et l’empêchait ainsi de « tourner » la page. Il n’était pas ici et maintenant, au présent, mais revivait constamment tous ses regrets, ses peurs, ses peines et ses blessures. Il comprit alors toutes les fois il dirigeait ses pensées vers son avenir, il l’érigeait selon son passé, il se projetait dans son futur en essayant de le dessiner de sorte que ses craintes se dissipent. Il n’était pas ici et maintenant mais fuyant ses peurs passées dans la crainte de l’avenir.
Mais quand je regarde face à moi, ici et maintenant, conscient et ancré dans le moment présent, là où je suis, j’existe consciemment. Se dessine alors un chemin, une route, une voie, parsemée de diamants. Il y règne la pureté, mes pas y sont légers et souples. Tout ce qui m’entoure rayonne. Chaque personne que j’y croise rayonne de lumière, comme celle qui jaillit de moi. Il n’y fait ni chaud, ni froid. Pas de pénombre qui m’empêche de voir, ni clarté qui m’aveugle. Quand je me tourne pour voir le chemin parcouru, je ne vois rien. Chaque pas que je fais efface celui que je viens de faire, et dessine petit à petit celui qui va lui succéder. Quand je regarde au loin je ne vois rien non plus, juste une brise légère qui me caresse les sens et me baigne de confiance et de sérénité. Mais lorsque je regarde autour de moi, embrassant la terre où chacun de mes pas me pose, le spectacle qui s’offre à moi ne peut être sali de mots, ne souffre d’aucune définition, un peu comme si la Terre et le Ciel s’unissaient, mes pieds caressent la surface d’une terre fertile et arable, quand ma tête est entourée d’étoiles. Comme si le soleil et la lune fusionner pour m’éclairer de l’interieur.
- Ce que je ressens et merveilleux, je comprends maintenant ce que tu représentes, toi qui es ce que je suis. Tu es mon essence qui sommeille en moi ne demandant qu’à s’embraser, cette étincelle qui dissimule une flamme virevoltante, flamboyante naissant et se consumant à l’infini. Au cœur d’une inspiration et d’une expiration je crée mon univers le temps d’un souffle, d’un battement de paupière. Instant éphémère, le temps d’une éternité.
- Te voilà donc béni des muses, je te jure quel pouète tu fais là, il ne manque plus que les violons. L’intention qui se propage dans tes paroles est bien plus révélatrice que tes mots. J’ajoute à l’éloquence de ton discours sage de partout, que tu as décidé de vivre, un temps donné dans ce corps de chair, il te limite mais tu n’en est pas prisonnier, regardes moi, je suis toi mais pourtant je ne suis pas enfermé puisque tu me vois devant toi. Ce qu’on appelle l’ignorance est juste une perte temporaire de mémoire. Une amnésie que seule la force du cœur estompe.
- Oui je le ressens, j’ai décidé de jouer le jeu de la vie, en acceptant l’apprentissage de l’Expérience. Je me suis perdu pour me retrouver en Lui….
Cette conversation dura encore un long moment, l’histoire ne raconte pas ce qu’il fut dit, ni même ce qu’il se passa ensuite. Vous laissant le soin de vivre la votre, car qui pourrait mieux que vous-même écrire ce qu’exprime votre cœur, ici et maintenant !!!
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Khaled.
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